Boîtes de déménagement empilées sur un trottoir montréalais devant un immeuble aux fenêtres placardées

OBNL · 7 min

2 039 ménages sans bail au 1er juillet : la crise change de visage

Par Jeremy Soares · 3 juillet 2026

En bref — Au lendemain du 1er juillet, 2 039 ménages locataires étaient toujours sans bail et accompagnés par les services d'aide, selon les données de la SHQ rapportées par les médias — plus que l'an dernier, malgré un taux d'inoccupation qui remonte. Pendant ce temps, près du tiers du parc de logements sociaux serait vétuste, et les partis politiques ne parlent plus de pénurie, mais d'abordabilité. Portrait d'une crise qui change de visage, sans changer de victimes.

Chaque année, le 1er juillet sert de thermomètre à la crise du logement québécoise. Le verdict de 2026 tient en deux chiffres qui, en théorie, ne devraient pas coexister : plus de logements vacants — et plus de ménages sans logement.

Le paradoxe du déménagement 2026

Selon les données de la Société d'habitation du Québec rapportées par les médias, 2 039 ménages locataires étaient accompagnés par les services d'aide à la recherche de logement au lendemain du jour du déménagement — contre 1 899 au même moment l'an dernier. Une hausse, donc, alors même que le taux d'inoccupation remonte : selon les mêmes reportages, il atteignait 2,9 % dans la région métropolitaine de Montréal en 2025 (contre 2,1 % en 2024) et 2,4 % dans celle de Québec.

Le marché se détend et la file s'allonge : voilà le paradoxe. L'explication, les groupes d'aide au logement la répètent — construire des appartements ne règle pas l'abordabilité quand presque tout le neuf se loue au-dessus des moyens des ménages qui cherchent. Les logements vacants existent ; ils ne sont juste pas dans les bonnes gammes de prix. On a décortiqué cette mécanique de quartiles dans la crise du logement expliquée simplement, et le tableau de bord chiffré est dans les 5 chiffres de la crise du logement en 2026. Hors des grands centres, le même déséquilibre prend une ampleur encore plus brutale — voyez pourquoi les loyers explosent en région.

L'autre crise : le parc qu'on possède déjà tombe en ruine

Pendant qu'on compte les logements à construire, un dossier plus discret avance : l'état de ceux qu'on a. Selon les médias, près du tiers du parc de logements sociaux du Québec — de l'ordre de 21 500 logements — serait vétuste. Moisissures, dégâts d'eau, logements placardés dans des HLM montréalais : le tableau rapporté n'est pas celui d'un parc qui vieillit, mais d'un parc qu'on a laissé décliner.

Les gouvernements n'ignorent pas le problème : Québec et Ottawa auraient réservé 3,6 milliards de dollars pour réparer le parc social d'ici 2028, dont plus de 1,3 milliard déjà alloués ou dépensés, et la SHQ affirme pouvoir couvrir le milliard et quelque de rénovations nécessaires pour remettre l'ensemble aux normes. Les groupes de locataires, eux, craignent que l'inflation gruge ces budgets — et les ententes fédérales qui financent l'exploitation de ces immeubles viennent à échéance d'ici 2028. Pour des logements loués à 25 % du revenu des ménages, chaque porte condamnée est une porte qu'aucun marché privé ne remplacera. Où va tout cet argent public, et pourquoi il n'en sort pas plus de logements : notre dossier des milliards pour le logement — où va l'argent suit la trace.

Les partis changent de vocabulaire

Le troisième déplacement est politique. Le Parti libéral du Québec soutient désormais que la crise du logement s'est muée en crise d'abordabilité : des logements existent, mais des unités étiquetées « abordables » se louent à plus de 1 600 $ par mois. Le parti avance des engagements chiffrés — construire 100 000 logements par année, rembourser la TVQ sur les habitations neuves, simplifier la réglementation et raccourcir les délais d'approbation, tenir un sommet sur l'itinérance. Son chef, Charles Milliard, résume qu'un chez-soi est d'abord la possibilité de se bâtir une vie ; sa porte-parole en habitation, Virginie Dufour, insiste que la crise n'est pas derrière nous.

Précisons ce qui doit l'être : ce sont là des positions d'un parti d'opposition, pas des données neutres, et le gouvernement n'est pas en reste — il vient de lancer son propre chantier, un volet de près de 1 G$ pour des quartiers de maisons préfabriquées. Ce qui frappe, c'est la convergence : personne ne conteste plus la crise, et tout le monde promet du volume.

Le test de réalité : 100 000 logements par année, comment ?

Et c'est ici que le vocabulaire rejoint la construction. Promettre 100 000 logements par année — soit environ le double du rythme record des dernières années — n'est pas une politique tant qu'on ne dit pas comment. Avec les méthodes conventionnelles, la main-d'œuvre disponible et nos hivers, l'arithmétique ne passe pas ; on l'a montré chiffre par chiffre dans notre dossier sur la construction modulaire face à la crise du logement.

Quel que soit le parti au pouvoir, toute promesse de volume finira par buter sur la même question : où sont les bras et les mois de chantier ? La construction en usine n'est pas une baguette magique — elle ne répare pas les HLM vétustes et ne plafonne pas les loyers — mais c'est l'un des rares leviers documentés pour produire plus de logements avec les mêmes bras, comme on l'explique dans résoudre la crise avec des maisons usinées. Et nulle part le besoin n'est plus criant qu'à Montréal, où le portrait complet est dans notre page sur le logement modulaire à Montréal.

Votre organisme ou votre municipalité veut transformer ces constats en projet concret ? On peut préparer une soumission ensemble — et notre dossier sur la construction modulaire face à la crise du logement donne l'heure juste sur ce que la méthode peut livrer, et ce qu'elle ne peut pas.

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Questions frequentes

Combien de ménages étaient sans bail après le 1er juillet 2026 au Québec ?
Selon les données de la Société d'habitation du Québec rapportées par les médias, 2 039 ménages locataires étaient accompagnés par les services d'aide à la recherche de logement au lendemain du 1er juillet 2026, contre 1 899 au même moment en 2025 — une hausse malgré la remontée du taux d'inoccupation.
Pourquoi la crise continue-t-elle si le taux d'inoccupation remonte ?
Parce que la détente du marché vient surtout des logements neufs chers. Les unités réellement abordables restent rares, et les ménages à revenu modeste se disputent un segment qui ne grossit presque pas. C'est pour cela que plusieurs acteurs — partis politiques compris — parlent désormais de crise d'abordabilité plutôt que de simple pénurie.
Dans quel état est le parc de logements sociaux du Québec ?
Selon les médias, près du tiers du parc — de l'ordre de 21 500 logements sociaux — serait vétuste. Québec et Ottawa auraient réservé 3,6 milliards de dollars pour les réparations d'ici 2028, dont plus de 1,3 milliard déjà engagés, mais les groupes de locataires craignent que l'inflation dépasse ces budgets.
JS
Jeremy Soares
Courtier immobilier

Courtier immobilier au Québec et passionné de construction modulaire. jeremysoares.com

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