Fenêtres éclairées d'immeubles résidentiels montréalais à la tombée du jour, grue de chantier au loin

Fondamentaux · 6 min

5 chiffres qui résument la crise du logement en 2026

Par Jeremy Soares · 3 juillet 2026

En bref — Si vous n'avez que trente secondes : 1,3 % d'inoccupation dans les logements abordables de Montréal, un loyer moyen de deux chambres à 1 346 $ après une hausse de 7,2 % en un an, environ 860 000 logements manquants d'ici 2030 selon la SCHL, un rythme de construction qu'il faudrait environ quadrupler — et 566 logements sortis d'usine que le Québec teste comme début de réponse. Voilà la crise de 2026 en cinq chiffres. Le reste de l'article vous explique pourquoi chacun est plus tordu qu'il en a l'air.

Les chiffres du logement, c'est comme les statistiques de hockey : tout le monde en cite, peu de gens regardent d'où elles sortent. En voici cinq — vérifiés, sourcés, datés — qui tiennent le portrait complet de 2026. Découpez, aimantez sur le frigo, sortez-les au besoin.

1. — 1,3 % : la pénurie qui se cache dans la moyenne

Le taux d'inoccupation moyen des centres urbains du Québec est remonté à 2,9 % en octobre 2025, contre 1,8 % l'année d'avant. Bonne nouvelle ? Regardez le quartile des loyers les plus abordables à Montréal : 1,3 % d'inoccupation. Le quartile le plus cher : 4,9 %. La détente est réelle — pour ceux qui peuvent payer le neuf. Pour les autres, la chaise musicale continue, et la RMR de Québec joue la même partition : 2,4 % en moyenne, autour de 1 % dans l'abordable. La moyenne monte ; le bas du marché suffoque encore. C'est LE chiffre à opposer à quiconque déclare la crise terminée — au besoin avec notre explication pour le souper de famille en renfort.

2. — 1 346 $ : le loyer qui court plus vite que la paye

Le loyer moyen d'un deux chambres dans la région de Montréal a atteint 1 346 $ par mois en octobre 2025 — une hausse de 7,2 % en un an, après 6,3 % l'année précédente. La SCHL ajoute le constat qui fait mal : dans le Grand Montréal, la hausse des loyers a dépassé la hausse des revenus. Traduction : même avec une augmentation de salaire, le locataire moyen recule. Le détail métropolitain est dans notre état des lieux de Montréal, et son pendant pour la capitale — où la SCHL prévoit un marché sous pression jusqu'en 2027 — dans celui de la Capitale-Nationale.

3. — 860 000 : le trou

En 2023, la SCHL estimait qu'il faudrait environ 860 000 logements de plus au Québec d'ici 2030 pour restaurer l'abordabilité. Précision d'honnêteté : le chiffre a trois ans, et la méthodologie fédérale a été révisée depuis. Mais aucune estimation sérieuse ne descend sous les centaines de milliers — et Québec vise de son côté 560 000 nouvelles habitations d'ici 2034. Peu importe la décimale : la commande est colossale.

4. — Quadrupler : la commande impossible (avec les méthodes actuelles)

Le Québec a enregistré environ 48 700 mises en chantier en 2024 — une année record, en hausse de 26 %. Et pourtant, selon l'APCHQ, il faudrait environ quadrupler ce rythme pour combler le déficit d'ici 2030. Quadrupler, avec une main-d'œuvre déjà introuvable et des chantiers gelés quatre mois par année. C'est ce chiffre-là qui transforme la construction en usine d'une curiosité en nécessité : on ne quadruple pas des bras, on peut quadrupler des chaînes de production. L'argument complet est dans notre dossier crise du logement et construction modulaire.

5. — 566 : le début de réponse qui sort d'usine

Dernier chiffre, le plus petit et le plus porteur : 566. C'est le nombre de logements hautement préfabriqués sélectionnés par la SHQ en deux appels de projets — des immeubles standardisés de 24 ou 36 logements destinés surtout à des petites municipalités, avec des livraisons dès l'été 2026. Le premier, le Projet Acadie à Montréal, a été monté en moins de 12 mois permis compris. Face au chiffre 3, c'est une goutte d'eau ; face au chiffre 4, c'est un prototype de solution. La liste ville par ville est ici.

Cinq chiffres, une histoire : le marché se détend par le haut, étouffe par le bas, et la seule sortie crédible passe par construire beaucoup plus vite. Les termes qui accrochent — quartile, RMR, inoccupation — sont tous traduits dans notre glossaire. Un sixième chiffre à proposer pour votre région ? Écrivez-nous — on aime les devoirs.

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Questions frequentes

La crise du logement s'améliore-t-elle en 2026 ?
En surface, oui : l'inoccupation moyenne des centres urbains québécois est remontée à 2,9 %. En profondeur, non : le quartile des loyers les plus abordables de Montréal restait à 1,3 % d'inoccupation, et la hausse des loyers a dépassé celle des revenus dans le Grand Montréal. Le marché se détend là où c'est cher, pas là où le monde ordinaire cherche.
D'où vient le chiffre de 860 000 logements manquants ?
De la SCHL, qui estimait en septembre 2023 qu'il faudrait environ 860 000 logements supplémentaires au Québec d'ici 2030 pour restaurer l'abordabilité. La donnée a de l'âge et la méthodologie fédérale a été révisée en 2025, mais toutes les estimations sérieuses restent dans les centaines de milliers d'unités ; Québec vise pour sa part 560 000 habitations d'ici 2034.
Pourquoi dit-on qu'il faut quadrupler les mises en chantier ?
Parce que le rythme actuel — environ 48 700 mises en chantier en 2024, pourtant une année en hausse de 26 % — reste très loin du besoin. L'APCHQ évalue qu'il faudrait environ quadrupler la cadence d'ici 2030 pour combler le déficit ; le multiplicateur exact varie selon les années de publication, mais l'ordre de grandeur, lui, ne bouge pas.
JS
Jeremy Soares
Courtier immobilier

Courtier immobilier au Québec et passionné de construction modulaire. jeremysoares.com

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