Grues de chantier alignées au-dessus de fondations résidentielles, avec un calendrier symbolisé par des blocs empilés

OBNL · 7 min

Abitibi, Saint-Lazare, Québec, Montréal : le pipeline du logement abordable vise 2028

Par Jeremy Soares · 3 juillet 2026

En bref — 242 logements en Abitibi-Témiscamingue, 45 à Saint-Lazare, 222 dans une tour de bureaux reconvertie à Québec, plus de 200 en développement à Montréal : le pipeline du logement abordable québécois est bien rempli. Mais regardez les dates de livraison : 2028, partout. Trois ans d'attente pour des ménages qui cherchent un logement maintenant.

Prise isolément, chacune de ces annonces est une bonne nouvelle. Mises bout à bout, elles racontent deux histoires en même temps : le Québec finance du logement abordable dans toutes ses régions — et presque rien de ce qui vient d'être annoncé ne sera habitable avant 2028. Faisons le tour, chiffres en main, avant de parler du calendrier.

Abitibi-Témiscamingue : 242 logements à Malartic, Val-d'Or et La Sarre

Le 3 juillet, Ottawa et Québec ont confirmé trois projets totalisant 242 logements abordables en Abitibi-Témiscamingue, pour un investissement combiné d'environ 44 M$ selon l'annonce. Le détail :

  • Malartic : 108 logements portés par Accès Patrimmo pour familles, personnes seules et aînés — un projet de 35,5 M$, dont 10,26 M$ du programme fédéral Maisons Canada (Build Canada Homes) ;
  • Val-d'Or (rue Giguère) : 110 logements d'Accès Patrimmo, financés par 24,51 M$ du Fonds pour le logement abordable fédéral, 10 M$ de la SHQ, 1,10 M$ de l'organisme et un crédit de taxes municipal de 50 ans ;
  • La Sarre : 24 logements du Pavillon Lasarrois, avec 1,63 M$ du fédéral, 5,44 M$ de Québec et 1,75 M$ de la Ville.

Pour une région minière où la pénurie de logements freine littéralement le recrutement, ces 242 portes comptent double — le contexte complet est dans notre page sur le logement modulaire en Abitibi-Témiscamingue.

Saint-Lazare : Desjardins ajoute 45 logements à sa colonne

En Montérégie, le communiqué du 29 juin détaille un projet de 45 logements abordables dans deux immeubles du chemin Sainte-Angélique à Saint-Lazare, dont 15 adaptés pour personnes à mobilité réduite. Coût total : environ 17,9 M$, assemblé entre Ottawa, Québec, la Ville (terrain et contribution d'environ 3,5 M$) et l'Initiative Desjardins pour le logement abordable. Les premiers locataires sont attendus... à l'automne 2028.

Le tableau de bord de Desjardins donne l'échelle du mouvement : au 31 mai 2026, 1 852 logements en exploitation, 891 en construction et 497 en approbation — 3 240 logements dans 15 régions du Québec, avec un engagement porté à plus de 10 000 d'ici 2028. Le portrait de la région est dans notre page sur le logement modulaire en Montérégie.

Québec : une tour de bureaux devient 222 logements

À Québec, selon les médias, la tour de bureaux Catherine-de-Longpré — 15 étages au 1075, chemin Sainte-Foy — sera convertie en 222 logements sociaux et abordables, avec un nouvel immeuble résidentiel de 12 étages construit sur le même site. Investissement rapporté : plus de 79 M$, porté par Socialim avec les trois ordres de gouvernement. Livraison prévue, là encore : automne 2028. Une conversion de cette taille en Haute-Ville, près du futur tramway, c'est un signal fort pour la Capitale-Nationale.

Montréal : plus de 200 logements « en développement »

À Montréal, CTV News rapportait début juin que plus de 200 logements abordables sont en développement dans la métropole. L'expression à retenir est « en développement » : entre un logement en développement et un locataire qui déménage, il y a des années — et à Montréal, la file d'attente ne raccourcit pas, comme le montre notre page sur le logement modulaire à Montréal.

Le vrai sujet : pourquoi tout vise 2028 ?

Additionnons : plus de 500 logements annoncés en quelques semaines, des centaines de millions mobilisés, quatre régions couvertes. Et une constante qui devrait faire sourciller : les livraisons convergent vers 2028. Pas parce que les promoteurs traînent — parce que c'est le rythme normal de la construction conventionnelle une fois empilés le montage financier, les permis, les appels d'offres et deux hivers de chantier.

C'est ici que la comparaison devient inconfortable : pendant que ces projets visent 2028, la construction en usine livre des immeubles en quelques mois — le Projet Acadie à Montréal a été monté en moins de 12 mois, permis compris. La mécanique de cette vitesse est documentée dans notre analyse des délais d'un projet modulaire, et pour les petits immeubles, notre dossier sur le multiplex modulaire montre comment 6, 12 ou 24 logements peuvent sortir de terre en une saison. Aucune des annonces ci-dessus ne mentionne le préfabriqué ; c'est précisément ce qui nous frappe.

Soyons justes : une conversion de tour de 15 étages ne se préfabrique pas, et 2028 vaut mieux que jamais. Mais pour les projets de 24, 45 ou 108 logements en région, l'écart entre « quelques mois » et « trois ans » n'est plus un détail technique. C'est un choix de méthode — et il se finance avec les mêmes programmes, comme l'explique notre guide du financement du logement abordable modulaire.

Votre organisme ou votre municipalité a un projet qui ne peut pas attendre 2028 ? On peut préparer une soumission ensemble — et l'analyse des délais d'un projet modulaire vous dira à quoi ressemble un échéancier réaliste.

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Questions frequentes

Quels projets de logement abordable ont été annoncés au Québec à l'été 2026 ?
Parmi les plus récents : 242 logements en Abitibi-Témiscamingue (Malartic, Val-d'Or, La Sarre, environ 44 M$), 45 logements à Saint-Lazare en Montérégie (17,9 M$, initiative Desjardins), la conversion rapportée de la tour Catherine-de-Longpré à Québec en 222 logements (plus de 79 M$) et plus de 200 logements en développement à Montréal.
Pourquoi les livraisons sont-elles presque toutes prévues pour 2028 ?
Parce que la construction conventionnelle d'un projet multirésidentiel cumule montage financier, permis, appels d'offres et saisons de chantier : trois ans entre l'annonce et l'emménagement est un délai typique. La construction en usine comprime ce calendrier — des projets modulaires québécois comparables ont été livrés en moins de douze mois.
Qui finance ces projets ?
Un empilage de programmes : le Fonds pour le logement abordable et Maisons Canada (Build Canada Homes) au fédéral, le PHAQ et la SHQ à Québec, les municipalités (terrains, crédits de taxes) et des partenaires privés ou coopératifs comme l'Initiative Desjardins pour le logement abordable, qui vise plus de 10 000 logements d'ici 2028.
JS
Jeremy Soares
Courtier immobilier

Courtier immobilier au Québec et passionné de construction modulaire. jeremysoares.com

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